Frédéric Mai

Oser Ma Vie avec Clémentine Delauney

Interviews Oser Ma Vie

Frédéric Mai

Nous pouvons tous faire vibrer notre vie personnelle et professionnelle au rythme de notre cœur et de notre être véritable. Chaque jour, je vous accompagne à oser une vie libre, épanouie et inspirante. Je suis Frédéric Mai, coach et créateur de sens et de potentiel pour l'être humain… Et bienvenue sur ce podcast « Oser ma vie ».

Bonjour à tous les explorateurs Oser ma vie. Oser ma vie, c’est le podcast qui vous permet d'imaginer, d'initier et de créer la vie que vous voulez.

Et nous avons l'immense plaisir d'accueillir dans cet épisode une talentueuse artiste, chanteuse et musicienne, Clémentine Delauney.

Salut Clémentine et je te remercie chaleureusement d'avoir accepté mon invitation dans l'émission Oser ma vie.

 

Clémentine Delauney

Bonjour Frédéric, je suis très heureuse que tu m’aies invitée, ça me fait très plaisir de pouvoir m'adresser à toi et à tes auditeurs autour de ce sujet qui grandit, je trouve, dans notre société, mais dont on ne parle toujours jamais assez, en fait, de se développer, se construire et oser sa vie effectivement.

 

Frédéric Mai

Effectivement, tu as raison et le plaisir est partagé.

Tu m'arrêtes si je me trompe, d'accord ? Clémentine, tu as 34 ans et comme tu l'écris sur ton blog, « je vis la vie dont je rêvais autrefois ». Clémentine, tu as osé ta vie et ta passion pour la musique et le chant, même si ton chemin ne fut pas un long fleuve tranquille. Tu es une vraie artiste, musicienne, chanteuse soprano et tu évolues depuis 2010 dans la musique rock et depuis 2013 au sein du groupe de metal symphonique Vision of Atlantis.

Tu chantes également au sein du super groupe international de chanteuses rock Exit Eden. Clémentine, tu es aussi une entrepreneure et coach dans ton domaine et tu aides les personnes qui n'oseraient pas, à découvrir et révéler leur potentiel d'artiste et en particulier de chanteur ou chanteuse, tout en développant une bonne aisance et confiance en soi. Ce que je trouve inspirant dans ton parcours, c'est qu'à un moment donné, tu t’es dit ‘je ne me retrouve pas dans les modèles que la société m'impose et je vais tenter de trouver ma voie, celle dans laquelle je me sens bien à ma place’.

Alors nous allons voir ensemble qui tu es vraiment, d'où vient ta passion et qu'est ce qui t’a décidée, à un moment donné, d'oser ta vie autour de la musique. Puis tu nous partageras ton expérience, tes conseils pour oser vivre de la musique et de sa passion. C'est OK, tout ça ?

 

Clémentine Delauney

C’est super. Beau programme

 

Frédéric Mai

Et bien, Clémentine, qui es-tu vraiment?

 

Clémentine Delauney

C'est une vaste question « qui je suis »..

 

Frédéric Mai

Oui effectivement.

 

Clémentine Delauney

Je pense que pour savoir qui l’on est, il faut d'abord laisser tomber toutes les étiquettes que l’on s’est collées sur le dos avec le temps, de par notre éducation, de par nos expériences, de par ce que les gens nous ont renvoyé de nous-mêmes et parfois même on s’affirme dans des voies qui ne sont pas les nôtres parce que, d’un coup, c’est celle dans laquelle on a décidé de s’engouffrer parce qu'il a fallu suivre cette voie qu’on s’est obligée nous-mêmes. Alors, qui je suis, je suis, je suis, je suis une étincelle de vie, au milieu d'autres étincelles de vie, et je veux juste être là et en profiter et être heureuse et me connecter à d'autres formes de vie.

Après, cette forme de vie est devenue une fille. Je suis une fille quand même, ça, je me définis par ça, même si j'ai l'énergie masculine, féminine, j’ai bien les deux comme tout le monde. Et des fois, je sens bien l'ambivalence. Je suis une fille, je suis une femme, je suis toujours une enfant qui rêve. Donc en fait, l’âge, je m'en fous et après je suis une chanteuse parce que j'aime chanter et qu'aujourd'hui, j'ai une activité qui me permet de le faire régulièrement.

Je suis une musicienne parce que la musique m'a toujours touchée et que j’ai voulu en créer moi aussi. Je suis une artiste parce qu'au fond, j'ai envie de transformer la réalité et laisser une empreinte, faire partie de la création, en fait. Je trouve que - petite parenthèse - l'humanité se révèle en créant ; On a  cette capacité-là de créer et je trouve que c'est là où l'humain montre le meilleur de lui-même, parfois. Et puis après, oui, j'ai osé des choses, j’ai osé entreprendre,

J'ai mon entreprise. Effectivement, j'ai osé me lancer dans des projets. J'essaie de rester la plus consciente possible et connectée aux autres et à la vie, à travers ce que je suis profondément. J'ai juste envie d'être dans le partage, dans l'amour, dans la joie de vivre.

 

Frédéric Mai

Merci. En tout cas, je vois que tu t’es alignée, en tout cas, tu as eu cette réflexion pour déjà sortir des modèles qu'on nous impose aujourd'hui à toi et vibrer à ton rythme et au rythme de ce qui nous entoure. C'est chouette, ça me parle beaucoup bien sûr.

Ce que j'aimerais bien savoir, c’est quelle enfant tu étais, petite, Clémentine.

 

Clémentine Delauney

J'étais une enfant extrêmement, très imaginative. J'avais une folle imagination, je l’ai toujours, mais je me perdais dans mes mondes imaginaires. Mon jardin était un lieu d'expérimentations de toutes les expériences possibles. Je me prenais pour une princesse dans toutes sortes d’univers. En fait, je reproduisais les films que j'avais vus. Donc, je me souviens avoir toujours été débordante de fantasmes, d’une vie autre, complètement déconnectée de la réalité. Après, j'étais assez cérébral, j’aimais beaucoup apprendre, j’étais très curieuse.

J'aimais beaucoup la nature, les animaux, les documentaires, on m’a vite mise devant des documentaires quand j'étais petite, j'adorais ça et je passais des heures dans le jardin. J'avais un kit de scientifique que mes parents m’avaient offert. J'avais un peu plein de choses qui venaient titiller ma curiosité et j'adorais ça. J’adorais quand mon père me faisait faire des exercices pour apprendre à lire l’heure quand j’étais petite ou des exercices de maths, tôt. J'étais un peu... un peu dans tous les sens et puis après, vis-à-vis de mes autres camarades de classe, j'étais un peu la première de la classe et j'étais un peu autoritaire. Je savais où je voulais aller, je voulais emmener les autres avec moi. En maternelle, je mettais de côté parfois en récré, parce que « Clémentine, tu laisses les autres tranquilles » je voulais les emmener dans des balades imaginaires.

 

Frédéric Mai

Comment la musique et le chant sont arrivés dans ta vie ? Je pense que c'est arrivé quand tu étais jeune ?

 

Clémentine Delauney

La musique…, le chant, « La petite sirène de Disney ». Pas besoin d'aller plus loin, mais les Disney dans le début des années 90 avaient des super chansons et ça donne très vite envie de chanter. Et puis, quand on s'identifie aux princesses qui chantent, et bien on envie de chanter comme une princesse, c'est tout bête. Et puis, assez vite en fait, chanter, j'aimais bien et puis j'avais une jolie voix… Je me souviens même qu’en maternelle, on devait chanter à la fin devant les parents ; Déjà c’était moi qui avais le micro … Et voilà.

J’ai toujours chanté. C'est pour ça que, me dire je suis une chanteuse... Chanter fait partie de ce que je suis en fait. J'ai toujours chanté, j'ai toujours trouvé de la joie à chanter, tout simplement. Et après, mes parents écoutent beaucoup de musique. Mon père est un grand mélomane, Il a une collection de mille vinyles. Il m'a fait écouter tout et n'importe quoi. J'ai grandi dans toutes sortes de formes de musique, donc ça ça aide à se forger une oreille, à se forger du goût, à se forger une ouverture à toute sorte d'harmonie. Car quand on passe de Led Zeppelin, à Miles Davis ou Souchon, ça couvre une palette de sonorités différentes. Et puis, je ne sais plus quel vinyle de Chopin il a, et quand j'ai écouté le piano de Chopin, ça, ça m'a vraiment beaucoup touchée. Et quand j'ai arrêté la danse, quand je suis arrivée à Lyon, j'ai voulu faire du piano pour ça.

 

Frédéric Mai

OK, super. Tu as déjà répondu à une partie de la question, mais penses-tu finalement que ton enfance t’a tracé le chemin de qui tu es aujourd'hui ?

 

Clémentine Delauney

En fait, je pense…. Maintenant, je le pense parce qu’avant je le pensais pas, mais si on suit l'enfant qu'on est, on se réalise fondamentalement parce qu'en fait, je pense qu’on a peut-être des attirances ou des affinités avec tel ou tel hobby, telle ou telle occupation, tel ou tel art, parce que quelque part, on est peut être fait pour ça, je ne sais pas et en fait, quand on suit cet enfant-là qui fait les choses dans la joie et du coup qui s'applique et qui a envie d'apprendre et qui veut aller plus loin, et bien en fait, on les fait super bien aussi. Et potentiellement, c'est là qu'il y a le succès qui vient en conséquence. Et je trouve que moi, dans mon parcours et dans mon développement personnel, retrouver mon enfant intérieure et lui donner ce qu'elle a besoin et l'espace pour s'épanouir et autres, en fait, c'est là où je trouve vraiment la source de ma joie la plus profonde. C'est pour ça que je me dis qu’en fait, si on suivait tous les appels qu'on a eus quand on était enfant, potentiellement, on s'épanouit vraiment en tant qu'être qu'on devait être. Alors qu’en fait, très vite, on nous dit « il faut aller dans telle voie, les carrières, les jobs… » Très vite en fait, on vient nous mettre du rationnel, alors qu'en fait, si on suit son intuition et ce dont on est fait, potentiellement, si on ne l’oublie pas si on le perd jamais de vue, on arrive peut-être au bon endroit pour soi.

 

Frédéric Mai

C’est vrai. C'est ce qu'il faut essayer de retrouver adulte finalement, pour se reconnecter au meilleur de soi. Mais ce n'est pas toujours évident parce qu'on traîne parfois quelques casseroles quand même, bien ancrées. Mais bon, c'est la joie du développement personnel et c'est pour ça qu'on est là aussi d'ailleurs. Et qu'est-ce que tu aimerais dire à tes parents aujourd'hui?

 

Clémentine Delauney

Déjà que je les aime profondément. Et que je leur pardonne toutes les choses qu'ils ont.. Je sais qu'ils ont fait de leur mieux, je sais que personne ne naît parent en sachant être parent, en fait personne n'est parent avant d'avoir été parent. Personne ne sait être parent avant d'avoir été parent, donc en fait ils ont appris en même temps qu'ils nous avaient. Et je sais qu'ils ont fait de leur mieux. Je sais qu'ils ont fait de leur mieux et quand je vois leur propre histoire et d'où ils viennent, je me dis qu'ils ont vraiment fait en sorte de pas répéter la même chose, ils ont fait de leur mieux pour essayer de nous offrir autre chose que ce qu’eux-mêmes ont vécu, qui n'était vraiment pas facile. Et du coup, je vois qu’eux-mêmes ce sont des enfants blessés, qu’eux-mêmes ont eu un manque d'affection, de manque d'ouverture, eux-mêmes, ils ont été confrontés à des gens qui n'étaient pas ouverts émotionnellement, pas disponibles. Et de voir ça, ça m'a complètement réconciliée avec eux parce qu'en fait, leur peine, je la partage et je ne leur en veux pas de ne pas avoir été autre chose que ce qu'ils étaient.

Après, ils m’ont véhiculé de super choses. Je suis la personne que je suis aussi parce que je suis la résultante de mes parents et aussi parce que je m'en suis affranchie, parce que j'ai vu des choses et que je me suis dit « ça, je ne veux pas et je veux comprendre pourquoi je ne veux pas refaire pareil » et je suis en paix avec eux. Je n'ai pas toujours été en paix avec eux parce que quand on a souffert, c'est normal, quand on reste dans le ressentiment, ne pas trouver la paix et en fait de les avoir pardonnés et de m’être pardonné aussi de leur en avoir voulu et de ne pas avoir fait ça plus tôt et autre, et bien ça libère.

 

Frédéric Mai

Effectivement, ça libère, ça ne fait aucun doute. Et d'ailleurs, dans le chapitre de la libération, j'ai lu aussi dans tes articles que tu avais subi des humiliations et des rejets par des enfants quand tu étais plus jeune. Mais aujourd'hui, qu'est-ce que tu aimerais leur dire, à toutes ces personnes qui t’ont fait du mal à un moment donné ?

 

Clémentine Delauney

A un moment donné, on a une petite envie de revanche, pas de vengeance parce qu'on ne veut pas leur faire subir cela... et je n'ai jamais eu envie de faire souffrir qui que ce soit, même les gens qui ont été horribles avec moi, je ne leur souhaite rien de mal parce que ça ne sert à rien, que la vie est suffisamment difficile quand on décide de la regarder du mauvais côté, et que ça ne sert à rien d'en rajouter.

Je ne veux pas créer plus de souffrance dans le monde. Par contre, moi, j'ai senti mon parcours comme étant un peu celui du Vilain Petit Canard. Et c'est vrai que très jeune, quand j'ai lu ce conte, il m'a très vite, très vite parlé et je pense que c'est quelque chose que beaucoup de gens ressentent. Je ne dis pas que je m'approprie ce conte-là, mais c'est un peu ce que j'ai ressenti et en fait je leur pardonne à eux aussi, parce que l'enfant jaloux, il est malheureux aussi.

L'enfant jaloux, l’enfant qui se moque, il n'est pas stable, il n'est pas épanoui. Il n'est pas en sécurité dans ce monde à lui, auprès de ses parents non plus peut-être, et en fait, quand on comprend cette souffrance, qu'il y a de la souffrance aussi chez ces gens-là, et bien voilà, je les pardonne aussi. J'espère qu'aujourd'hui, ils sont en paix et qu’ils ne font plus « chier le monde ».

 

Frédéric Mai

J'espère qu'ils vont t’entendre. En tout cas, soit ça les calmera, soit ça les réconciliera, je ne sais pas.

 

Clémentine Delauney

Et puis après ? Après oui, quand j'ai eu ma carrière qui a pris son essor, quand mon ego voit mon succès et dis « à tous ceux qui n'ont pas cru en toi tiens voilà !», mais ça, c'est mon ego et mon ego je le comprends, je vis avec, je le laisse pas trop parler ou alors je préviens « C’est mon ego qui parle, pas moi ».

 

Frédéric Mai

En tout cas, aujourd'hui tu es une grande chanteuse lyrique dans plusieurs groupes de métal. A quel moment tu t’es dit « j'ose, j'ose faire de ma passion un métier » ?

 

Clémentine Delauney

C'est difficile parce que je suis encore là-dedans. En fait, il y a le moment - et je me suis rendu compte de ça - Comment on définit le mot artiste ? En fait, quand on prend cette définition-là dans le monde des professions, des gens qui vivent de quelque chose, et qu’on dit « celui-là c'est un artiste ». Oui, mais il vit de quoi ? C'est un artiste, donc ça veut dire qu’il vit du fait d'être un artiste. Moi, aujourd'hui, dans le concret de ma vie, je ne vis pas exactement du fait d'être une artiste.

J'ai un autre salaire, du fait que je suis entrepreneuse et ce qui me permet, moi, d'avoir le temps d'avoir une vie artistique, donc moi, à un moment donné je me suis dit « tu n’es pas vraiment artiste parce que tu ne gagnes pas ta vie par le fait d'être artiste. Et c'était un raisonnement qui m'a menée à ne pas assumer et à ne pas me comporter comme une artiste professionnelle parce que ce n'était pas ma profession. En fait, c'est débile parce que je le fais déjà, je vais sur scène, dans des grands festivals. Je pars en tournée dans plusieurs continents. J'enregistre des albums dans des conditions professionnelles, donc je suis déjà une artiste professionnelle. Mais parce que je m'étais mis comme idée préconçue qu’il fallait que je gagne ma vie avec, je n’arrivais pas, dans mon état d'esprit à coller avec ce que je faisais et un jour, j'ai dit « Il y a un truc qui ne va pas. Ta vie de rêve tu la vis déjà et tu es une artiste parce que tu fais ce que tu fais objectivement et ce que arrives à faire objectivement. Et l'argent, il vient d'une autre manière, mais il te permet d'être l'artiste que tu es. Ce n'est pas grave si ce n'est pas direct, ce n’est pas grave si ça ne vient pas de ça, ça n'enlève rien à ce que tu fais ». Et c'est là que j'ai enlevé cette étiquette que je n'avais pas vue qui disait qu’il fallait vivre de ça pour être … Ben non !

Aujourd'hui, beaucoup de gens se définissent par leur profession, par là où ils gagnent leur argent parce qu’ils se disent « Si je récupère de la valeur par ça, c'est ce que je suis »…. Mais non, pas forcément en fait.

 

Frédéric Mai

Non, pas du tout. Ce qui est plus important, c'est de choisir qui on veut devenir finalement. Mais les moyens par lesquels on veut le faire sont libres à tout un chacun. On n'est pas obligé d'en faire le métier principal. Ça peut rester un métier qui est alimenté par une autre activité et qui va la financer. Mais je confirme en tout cas à tous que tu es bien une vraie artiste et que ça se sent quand tu es sur scène. Quand on te voit, quand tu chantes, ça ne fait aucun doute. Que tu gagnes 1000, 5000, 10000, 20000 ou 30.000 euros, pour moi, je ne te verrai pas différemment.

Alors, qu'as-tu osé faire pour y arriver ? Et on parle bien là de l'activité d'artiste chanteuse.

 

Clémentine Delauney

Alors déjà, il faut oser croire qu'on peut y arriver. Quand on veut quelque chose, mais qu'on croit au fond de soi que de toute façon on n’est pas assez bon qu’on n’y arrivera pas et que ça ne marchera pas, qu’il y aura plein d’obstacles, et bien en fiat on ne fait rien parce que du coup, l'action n'est pas alimentée par ce qu'il faut au fond de feu intérieur. Donc, je sais que fondamentalement, au début, je me suis dit je savais que j'y croyais et je sais que l'un des premiers métiers que j'ai formulé quand j'étais petite, c'était « je veux être chanteuse ».

Et je l’ai perdu de vue évidemment, avec l'adolescence, avec plein de choses. Mais j'ai continué à chanter de plein de façons différentes et puis un jour, j'ai intégré un premier groupe. En fait, je n'ai pas trop mis de pression, je voulais juste être dans un groupe de métal symphonique, chanter. Et puis après, on m'a fait des propositions et de proposition en proposition, ma carrière a grandi comme ça, presque toute seule. Je n'ai jamais rien fait, je n’ai jamais passé un coup de fil, je n'avais pas de site Internet. J'avais une page Facebook, mais en fait on est venu me chercher et c'est ce qui a fait que je suis là aujourd'hui. Quelquefois, je me dis est-ce que c'est la loi de l'attraction, dont parle beaucoup..  Mais je me suis toujours vu sur scène. J'ai osé y croire. J'ai osé y aller à fond dans le développement de mon instrument, c'est à dire que je n’ai pas fait les choses à moitié, j’ai pris des vrais cours de chant. Depuis que je suis petite j’ai été sur scène. Depuis que j’ai cinq ans, j'ai pris des cours d’expression corporelle, j'ai pris des cours de théâtre, des cours de danse. J'avais travaillé sur mon approche de la scène depuis assez longtemps et ça implique de sortir de soi, de sortir de sa zone de confort, d'apprendre, donc j’ai osé faire ça et puis après, j'ai osé passer des auditions. J’ai osé candidater, donc croire en moi et me mettre mon premier sponsor à dire « moi, peut être que je peux être votre prochaine chanteuse » et prendre des risques d’être rejetée.

Et puis ensuite, oser simplement assumer que c’est ce que l'on a vraiment envie de faire, prendre du plaisir à le faire. Et puis après, j'ai osé me dire que c'était ma priorité dans ma vie et que, du coup, il fallait que ma vie professionnelle me permette de faire ça, donc pendant longtemps j’ai eu un job à mi-temps et je restais chez mes parents, et je pouvais partir en tournée parce que mes horaires me permettaient de prendre plusieurs semaines d'un coup et je partais en tournée jusqu'au jour où je me suis dit « ce n’est pas très durable comme façon de vivre même si tu as ta vie et ton indépendance, il faut que tu sois à ton compte », et je me suis dit OK. Donc, du coup, j'ai lancé ma création d'entreprise pour soutenir mon activité artistique. J'ai osé aussi et, à partir du moment où mon activité professionnelle principale m'a permis d'être vraiment autonome là, j'ai vraiment senti que je vis la vie que je voulais vivre.

 

Frédéric Mai

Ce que j'aime bien c’est que tu as parlé d'attraction, mais tu as aussi parlé de toutes tes actions et dans attraction, il y a « action ». On imagine bien que l'attraction, ça fonctionne, mais quand il y a des actions, on fait. Il n’y a rien qui tombe du ciel tout seul. C'est comme la chance, la chance, elle est là pour ceux qui s'entraînent, mais pour ceux qui ne s'entraînent pas, c'est déjà plus difficile. Donc, effectivement, dans tout ce que tu dis, il y a quand même eu toute une évolution professionnelle,  technique … donc tu as provoqué l'attraction, effectivement. Bravo ! Mais tu étais sur le bon chemin, sans aucun doute.

Est-ce que certaines personnes ont eu une influence dans tes choix ?

 

Clémentine Delauney

A niveau de l'admiration et autres, j’étais très, très fan de Madonna, de  Mickaël Jackson quand j'étais petite. Des gens qui sont des énormes superstars, qui incarnent en elles-mêmes l'expression de soi. On aime ou on n'aime pas. Il y a une très, très grosse personnalité chez les deux. J'avais l'impression qu'ils pouvaient faire tout ce qu'ils voulaient, et que l’on pouvait être ce que l’on voulait en fait.

Depuis petite ça m'a pas mal inspirée : le show à l'Américaine où il n'y a pas de demi-mesure. Cet état d'esprit de dire « voilà, j'y vais à fond, je crois en moi. Et puis voilà, j’y suis arrivé ». C'est cette liberté d'oser être ce qu’on est, je trouve que les Etats-Unis ont cet état d'esprit plus facilement qu'en France, parfois. Donc, ça c'était assez inspirant. Après, dans le monde du métal, j'ai beaucoup écouté, avant d'en faire partie, des chanteuses qui m'ont inspiré, qui m'ont montré qu'une voie était possible. C'est vrai qu'il y a des gens qui sont pionniers de nature et qui vont se lancer dans un truc que personne n'a fait avant parce qu'ils y croient tellement qu’ils ne se posent pas la question de si ça a été fait avant ou pas, et il y a des gens qui n'ont pas cette capacité de vision et qui se disent ah, mais c'est possible, parce qu'ils en voient l'exemple. Ça aide de voir des exemples. Ça aide qu'il y ait des gens qui ont ouvert des portes. Donc oui, il y a eu des gens qui m'ont inspirée. Et puis, quand on sait qu'on s'inspire d'autres, on se dit OK, elles existent, elles, en tant que tel, il ne faut pas que je fasse pareil et que je trouve ma voie. Parfois, c'est plus difficile de se libérer d'une influence que de forger une voie toute nouvelle. Donc, ce n’est pas forcément évident.

Et après, comme je disais, on est beaucoup venu me voir donc il y a des gens qui ont aimé ce qu'ils ont vu en moi et qui m'ont fait confiance. Les gens de chez Serenity, mon précédent groupe, les gens de Business Atlantis particulièrement et Exit Eden aussi, et Kai Hanssen de Helloween qui m'a demandé de le rejoindre parce qu’on s’était bien entendu, et puis parce que ce sont des rencontres comme ça complètement hasardeuses, même si je ne crois pas au hasard.

Donc, ces gens-là, ils ont cru en moi. Mon premier groupe aussi à Paris, s'appelait Wisdom et je suis très contente d’en avoir fait partir. Voilà, c’était mon parcours.

 

Frédéric Mai

Excellent. Et sur ce parcours, je pense que tu as eu quand même des peurs et des doutes parfois. Quelles peurs, quels doutes, quels stress tu as été amenée à vivre sur ce parcours-là ? Il y en aura peut-être d'autres, mais en tout cas jusqu'à aujourd'hui, est-ce que tu as des souvenirs comme ça de grosse peur, de grosse angoisse ?

 

Clémentine Delauney

Oui, par rapport à la musique que j'étais en train de faire, ça m'arrivait de me dire « est-ce que c'est fondamentalement ce que j'ai envie de faire ?» Ça m'est arrivé de perdre connexion avec ce que je faisais ou la manière dont on le faisait, de ne pas être en accord fondamental avec le reste du groupe. C'est ce qui s'est passé avec Serenity. Je voyais les choses d'une certaine manière, je voulais qu'on se donne les moyens sur certains points. Et puis, eux ne les voyaient pas du tout. Ils ont fini par le faire, des années plus tard, mais sur le moment ils ne le voyaient pas du tout Je disais en fait c'est du sabotage, et moi je sens qu’on va foncer dans un mur et à cette époque-là, oui, je mettais moi, moins d’eau dans mon vin donc je me suis dit OK, s’il ne veut pas comprendre que pour moi, je pense que c'est ce qu'il faudrait qu'on fasse – voilà j’étais un peu… ça a un peu dilué notre relation et puis après il y a eu des conflits sur le plan personnel, c’était un peu différent. Mais grosse peur, non, plutôt des doutes, oui, vis à vis du style musical, des doutes aussi plutôt du milieu dans lequel on est, la période musicale. De se dire est-ce que je ne m'enferme pas dans quelque chose ? Est-ce que c'est fondamentalement la musique que j'ai envie de faire ? Est-ce qu’il y a encore de la place pour se renouveler dans ce milieu?

Voilà, mais ce n'est pas des choses qui, comment dire, viennent alimenter ou viennent perturber le chemin.

 

Frédéric Mai

Est-ce qu’à un moment, tu t’es dit, je n'y arriverai pas, au risque de tout abandonner.

 

Clémentine Delauney

La fois où j'ai lâché l'affaire, c'est après plusieurs années d'avoir essayé de monter mon propre groupe à Lyon. J'avais essayé de monter mon propre groupe,  j’avais travaillé avec plusieurs guitaristes, avec des batteurs. J'avais essayé de fonder quelque chose, et je ne sais pas mais il y avait un truc qui faisait que ça ne marchait jamais. Ça marchait un temps, puis ces personnes-là se détournaient ou n'était plus disponible. Tout le monde disait, c’est du métal, oui, mais pas avec une gonzesse au chant. Alors ça, si, il y a eu de ça  à une époque, avant que ce style-là est un peu fleuri, mais je ne voulais pas que les filles chantent dans le métal. Ou alors le design du métal ait un peu fleuri. Les gens ne voulaient pas que les filles chantent dans le métal, ou alors ils se disaient  c’est du métal de lopette parce que c'est trop mélodique, et qu’en France, on aime bien le métal un peu plus brutal. Il  suffit de regarder les affiches des premières éditions du Hellfest pour s'en rendre compte. Ils n'aiment pas trop le métal sympho, donc je me suis dit OK, j’ai du mal à trouver, et pendant des années, j'étais frustrée de ne pas arriver à rameuter du monde dans ma ville autour d'un projet comme ça. Moi, je sentais bien que, je ne suis pas guitariste, qu’écrire des riffs, je n’y 'arrivais pas. Autant les mélodies, oui, mais je savais très bien qu'il fallait que j'écrive avec quelqu'un d'autre. Mais je ne trouvais pas cette personne, et en fait à un moment donné, j’ai dit bon, ça suffit, ça marche pas, il y a un truc qui bloque, ce n’est pas fluide. C'est peut être que ça ne doit pas se faire. Donc, laisse tomber et fait en sorte de rejoindre un groupe qui aura besoin d'une chanteuse.
Et deux semaines après, il y a Wisdom qui publiait son annonce comme quoi ils cherchaient une nouvelle chanteuse. J'ai postulé et j’ai été prise. J'ai beau avoir beaucoup de détermination et quand je vois quelque chose j’y vais et j'ai envie d'avancer. Mais  au bout d'un moment, quand on se rend compte que c’est échec sur échec, que ça n'avance pas, il faut savoir lâcher prise, il faut savoir se dire non, ce n'est peut-être pas le bon moment. Il y a peut-être d'autres façons de faire, et ne pas être têtue et s’embourber dans un truc.

 

Frédéric Mai

Si c'était à refaire, est ce que tu referais la même chose aujourd'hui ?

 

Clémentine Delauney

J'ai envie de dire oui, parce que là où je suis aujourd'hui, je suis très contente. Donc je n'ai pas de regrets parce que je sais que chaque étape de ma vie m'a amené à être là où je suis aujourd'hui, où je suis sur le point de quitter Lyon pour aller vivre en Italie, à Odienné, dans la ville où habite mon chanteur, parce que j'ai réalisé que la vie trop courte pour que je vive trop loin d'un contexte qui me permet de me sentir vraiment dans ma zone de créativité.

Quand je suis à Lyon, dans ce contexte-là, dans une ville que je n'ai pas choisie, je m'enferme dans un autre rôle, et je mets la créativité au deuxième plan et, j'en ai parlé même avec mon thérapeute parce que ça fait quelques quelques sessions, que J'ai décidé de consulter, parce que le développement personnel qu'on peut faire soi, c'est très bien, et puis à un moment donné, il y a une limite et on se retrouve dans des comportements qui se répètent et qu'on ne comprend pas. Voilà juste pour dire que de temps en temps, il n’y a aucun mal à aller consulter un spécialiste. Parce que quand on est malade, on va chez le médecin, et quand on a un problème, quand on a un blocage, on va chez le thérapeute.

 

Frédéric Mai

Je te rassure, tu n’es pas la seule. Quand on veut évoluer, on est obligé, à un moment donné, de s'appuyer aussi sur ce qui nous entoure. Et les thérapeutes en font partie. Les coachs, les thérapeutes, les médecins. Effectivement.

 

Clémentine Delauney

Et on parlait justement de cette notion d'environnement, et je suis parfaitement consciente que c'est une question d'état d'esprit et que je devrais être capable de me sentir artiste partout. Et il m'a fait une belle métaphore. Il me dit « mais vous savez, une plante peut très bien pousser et se développer dans n'importe quel environnement. Mais il va quand même y avoir un ou deux contextes où elle va faire des racines plus profondes et des plus belles fleurs. » Et du coup, ça m'a un peu allégé l'idée de me mettre la pression, de me dire si toi, tu mets la pression toute seule, de ne pas être capable de te sentir artiste à Lyon, alors tu seras la même personne en Italie. Mais en fait, non, parce que dès que je suis dans le contexte de mon groupe, je me sens dans la vie artistique, dans la vie avec mon groupe, et je me sens encore plus à ma place. Et donc du coup, j'ai décidé d'oser quitter la France pour aller vivre ailleurs. Donc là où j'en suis dans ma vie, je prends cette grande décision d'aller vivre ailleurs et de me rapprocher d'une personne avec qui je vais pouvoir enfin continuer à écrire de la musique.

Peut-être que tout ça a été un détour pour me faire arriver pile chez Mick (pas chez lui) pour écrire la musique avec lui, parce que notre symbiose musicale est extraordinaire. Donc, j’ai peut-être enfin trouvé la personne avec qui je voulais écrire depuis tant de temps. Par contre, si on m'a dit tu dois recommencer avec la conscience, peut-être que j'oserais aller dans des études artistiques parce qu'en fait, ça je sais que je n’ai pas osé le faire.

Mes parents, tous les deux, avaient tenté le théâtre sans avoir fait d'études. Mon père n’a même pas son bac. Ils se sont lancés dans le théâtre tous les deux à Paris, ils se sont rencontrés comme ça. Ils avaient des compagnies et des pièces, mais ça ne marchait pas des masses, ce qui fait que ma mère a dû reprendre des études quand elle était enceinte de ma petite sœur et mon père a grimpé les échelons chez Célio, de vendeur jusqu'à directeur régional, puis directeur de zone en dehors de la France, et il a fait un bilan de compétences par la suite.

Mais aujourd'hui, ce modèle-là de carrière, n’existe plus vraiment, on ne fait plus vraiment sa carrière dans une seule entreprise. Et je sais que je me suis dit je ne vais pas faire comme mes parents. Donc, je vais d'abord faire les études, et puis après, je ferai l'artistique, alors qu'en fait, quand on sait fondamentalement ce qu'on aime et ce qu'on veut faire, en fait, je n'ai même pas cherché à savoir s'il y avait des études pour être professionnelle dans la musique.

Je connaissais le conservatoire, mais je ne connaissais pas les écoles professionnalisantes. Il y a plein d'écoles aujourd'hui, qui professionnalise dans la musique et je ne les connaissais pas. Mais du coup, je n’ai même pas cherché l'information. C’est là où je n'ai pas osé et je me dis peut être que si j'avais osé une vie musicale complètement différente.

Et, je savais que je ne voulais pas que la musique devienne une obligation d’avoir un groupe de reprises pour pouvoir tourner, non, je voulais que ça reste quelque chose de vivant, de passionné, sans contrainte, parce que c'est créatif, complet… Donc voilà, je ne me pose même pas la question, je suis très contente de là où j’en suis aujourd'hui.

 

Frédéric Mai

Tu es toujours restée connectée à ton rêve. Finalement, quel que soit le chemin, peut être que tu aurais été au même endroit aujourd'hui, tu t'aurais pas fait les mêmes rencontres. Mais le plus important, et c'est souvent ce qui fait défaut aussi, c'est le poids du rêve. En fait, c'est ce pourquoi on fait tout ça. Parce que si on n’a pas ce poids qui nous tire, on peut vite baisser les bras. On peut vite se dire je n'arriverai pas. On ne peut s'empêcher d'oser au-delà même des croyances. Si on n'a pas un pourquoi assez fort et une motivation forte, c'est très facile de baisser les bras. Très fréquent dans notre société, en tout cas.

Bravo pour cette décision de changer éventuellement de pays bientôt. Bravo tu arrives à aligner l'environnement et qui tu es.

Alors si tu veux maintenant, on va parler de ton métier. Et puis les pistes et conseils qui pourraient aider toutes celles et tous ceux qui voudraient peut être oser et se lancer dans une aventure musicale ou artistique, pourquoi pas, et puis toutes les barrières et les peurs que cela comporte. C’est OK ?

Alors, comment devient ton aujourd'hui une chanteuse, une rock star dans un groupe de métal international connu ?

 

Clémentine Delauney

Je ne sais pas si je possède la recette pour ça…

 

Frédéric Mai

Non mais il y a ta réponse, en tout cas, il y a ton chemin, ton expérience.

 

Clémentine Delauney

Déjà, avant de choisir le milieu, c'est à dire – connu -  groupe de métal, il faut d'abord être une chanteuse, donc se comporter comme une chanteuse, c'est à dire prendre des cours de chant, chanter et aimer chanter. Et aimer chanter, c'est la base. C'est vouloir chanter, c'est sentir quelque chose quand on chante, c'est là qui a la clé en fait. Si on n'aime pas chante, si on n'a pas ce besoin d'exprimer quelque chose, si ça ne nous fait pas vibrer, peut-être qu’on chantera très bien, mais il va manquer l'âme. En fait, il va manquer quelque chose. Donc d'abord, il faut cultiver ça, il faut cultiver la joie du chant, la joie de faire ça, parce que s'il n'y a pas de joie dans ce que l’on fait, c’est que ce n’est pas ce qu’il fallait faire. Si ça  devient une contrainte, s'il y a autre chose qui nous passe par la tête quand on fait ça, ou si ça ne nous obnubile pas quand on le fait, c’est que ce n’est peut-être pas ce qu'il faut faire. Donc, d'abord déjà, chanter, développer sa voix, développer son chant. C'est super important.

Développer sa présence scénique, c'est la deuxième clé, parce qu’en fait, il y a l'album, et il y a le concert. Ce n'est pas du tout la même approche. On peut avoir une voix magnifique et chanter parfaitement en studio, et transmettre beaucoup d'émotions aussi sur scène. Si on n'apprend pas la scène, si on se l'approprie pas et on ne transmet pas sur scène, ça ne marchera pas. Il faut être un peu les deux, être extraverti sur scène et dans l'introspection totale pour être en raccord avec sa voix, qui est un peu la couleur de l’âme, je trouve.

D'abord chanter, ensuite l'équipe, le groupe qu'on va intégrer, des gens qu'on va fédérer autour du projet musical que ce groupe-là va apporter, c'est fondamental. Il ne faut pas forcément être le meilleur musicien du monde, il faut que mon équipe marche, qu’il y est une alchimie pour que ça puisse porter le projet, pour que les choses avancent de manière fluide, de manière saine.

Donc, les gens, l’humain, des gens avec qui on va décider de faire de la musique, c'est super important.

Et puis après, il faut que la musique ait de la valeur pour soi et pour les autres, qu'importe le style, une musique qu'on ait plaisir à jouer, plaisir à écouter en tant que personne. Parce que si on ne prend pas de plaisir à la jouer, à l’écouter, c’est difficile de vouloir que les autres aient plaisir à l’entendre.
Il faut d’abord la faire pour soi la musique.

Et puis après, voilà, essayer d'emmener les autres avec nous. Et aujourd'hui, il y a un autre aspect hyper important dans la musique, c'est le visuel. Il faut que le groupe véhicule quelque chose, il faut que le chanteur, les musiciens aient un look qui soit en cohérence avec ça, ou qui véhicule quelque chose. Il faut se mettre en valeur vocalement, physiquement, ça fait partie.

Et ensuite voilà simplement être la musique qu'on a envie de véhiculer, la porter au mieux possible, de manière très efficace et très pratico pratique, savoir se servir des réseaux sociaux et être présent et connecté avec les gens.

Aujourd'hui, ce qui est le plus important, ce n'est pas de faire des vidéos à 35 millions, voire une vidéo pour impressionner la galerie. Ce qui va faire qu'un groupe va fonctionner, c'est la capacité qu’il va avoir à fédérer une communauté autour de lui, à travers les thèmes abordés, à travers le thème du groupe, s'il y en a un, et à travers la personnalité des musiciens. Donc il faut avoir une vie sur les réseaux sociaux, il faut avoir une vie en ligne, surtout aujourd'hui où les concerts ce n’est pas possible.

 

Frédéric Mai

Donc, tu as parlé de vibrations, finalement. Il faut que ça vibre en toi. Si tu ne ens pas la musique et le chant qui vibrent en toi, il faut peut-être se poser la question.
Tu as parlé de cohérence aussi entre ta musique et toi. Et puis, cette façon de s'ouvrir au monde et de communiquer avec son public par les réseaux. OK, super conseil.

J'aimerais parler de ton énergie parce que je t'ai vu sur scène, alors pas en vrai, malheureusement, mais je t'ai vu au travers d'un DVD que vous avez sorti il n’y a pas longtemps, un Blu-ray. Tu as une telle énergie, tu as une telle pêche. Quel est ton secret ?

 

Clémentine Delauney

Et encore et encore. Je me contiens.

 

Frédéric Mai

Et encore. Je vois bien qu'il y a quelque chose, qu’il y a un volcan intérieur qui aimerait bien s'exprimer. Alors, qu'est-ce que tu fais ? Tu te prépares avant ? Tu as une énergie qui te vient parce que tu es au bon endroit, c'est le milieu idéal pour toi et pour exprimer ce que t'as exprimé ?

 

Clémentine Delauney

Alors oui, en fait la scène, dans ce contexte-là, c'est un de mes milieux préférés au monde. Je pense,…allez, je tente une explication psychologique  de comptoir un peu, mais en gros, je me dis que peut être, à un moment donné, je n'ai pas été vu comme j'aurais voulu être vu par des gens qui comptaient vraiment pour moi, ou pas, et qu'en fait, la scène, ça me permet être l'endroit où je me sens le plus moi, en fait, et où je sais que je suis vu pour ça. Et il y a un côté de libération, je peux être moi à 100% et le regard des gens, le regard des autres, le jugement, je ne me pose même pas la question. Je suis c’est tout en fait. Et chanter et bouger et interagir avec mes musiciens, tout est exacerbé et comme j'écris mes paroles, je les ressens profondément. Du coup, ce n’est même plus du jeu parce que j'aime bien jouer la comédie, mais quand il s'agit de chanter, c'est tellement viscéral, le chant, qu’en fait c'est le message, mais en version théâtralisée, mais de manière sincère, viscéralement, c'est la moi libérée sur scène, et du coup l'énergie est là parce que tout est aligné et que, du coup, c'est juste l'énergie naturelle de quelqu'un qui fait fondamentalement ce qu'il a envie d'être. Par contre, avant, je me concentre, je me concentre pour rester ancrée.

 

Frédéric Mai

Qu'est-ce que tu fais concrètement pour te préparer avant un show comme ça ?

 

Clémentine Delauney

Alors, j'ai la chance et la malchance, mais pour moi, c'en est une, d’être une fille et de devoir passer un peu de temps sur le maquillage, etc. c’est une espèce de rituel du coup, c'est devenu inconsciemment un rituel de préparation. Je sais que je vais monter sur scène et du coup, je rassemble toute mon énergie, je me coupe de toutes distractions, et avant de monter sur scène, c'est ça que j'imagine, que je suis là, que je suis ancrée et que je suis là pour donner mon énergie, mais il ne faut pas que ça parte dans tous les sens. J'ai eu des jeux de scène vachement moins ancrés justement ; je regarde les vidéos et je me dis mais qu’est-ce que tu fais ! Donc, il faut travailler le jeu de scène, il faut être soi, mais il faut aussi comprendre qu’il y a un contexte… Canaliser, il fallait que je canalise. Quand je suis enthousiaste, quand je suis passionnée, ça fuse et il faut que je canalise.

 

Frédéric Mai

En tout cas, c'est super à voir. N'hésitez pas à aller voir Clémentine sur des vidéos, sur YouTube ou sur les Blu-Ray de Visions of Atlantis.

Je crois que c'est le seul qui vous avez sorti.

 

Frédéric Mai

C’est vrai, quand je te vois, moi, j'ai envie de me laisser pousser les cheveux et bouger la tête, tu vois.

Alors, qu'est-ce que tu pourrais conseiller à nos auditrices et auditeurs qui voudraient se lancer aujourd'hui dans l'aventure de la musique, du chant et de la scène rock ? Est-ce que tu aurais un bon conseil à leur donner ?

 

Clémentine Delauney

De le faire. Et d'arrêter de se poser 35 milles questions. Trop réfléchir, trop penser, trop intellectualiser tout, c'est un peu le drame de ma vie, qui m'a parfois bloqué, empêché, qui a retardé l'action… Oui mais si, oui mais oui…, mais en fait, mais est-ce que… STOP !

On a envie de faire quelque chose, il faut le faire, parce que la vie, elle, est trop courte et que ça ne sert à rien d'imaginer des problèmes avant qu’ils arrivent. Et après ça, c'est très général, ça s'applique à tout ce que les gens auraient envie de faire, pas forcément à la scène rock ou autres.

Quand on aime jouer du rock, et bien il faut trouver des gens qui aiment faire la même chose. Et puis, il y a toujours une scène pour, il y a toujours des endroits où le rock est admis. Alors la France, c’est plus difficile qu'ailleurs, mais ça ne veut pas dire que c'est impossible. Et puis après, ça dépend évidemment de l'échelle où on veut en faire, si on veut faire de la musique pour soi, si on veut aller plus loin, si on veut devenir professionnel là-dedans, c'est encore autre chose, il ne faut pas hésiter à déménager, parce que la France ce n'est pas facile. Ça marche plus facilement en Allemagne, aux US (selon les US) ou en Scandinavie. Pas en tant que tournée, mais pour trouver d'autres musiciens. Donc, se rapprocher de là où il y a un vrai réseau, c'est important.

Et puis, après, créer sa communauté, comme je disais par rapport au fait d'avoir un groupe en ligne… d'abord, créer sa communauté et puis ensuite démarcher des réseaux professionnels, des labels ou pas. Aujourd'hui, il y a la possibilité, quand on commence à être très bon et quand on a une communauté, quand on touche les gens, quand la musique elle plaît, c'est possible d'être un groupe ou un artiste sans label.

Il y a des leviers, il y a plein de choses qui existent aujourd'hui. Tout le monde dans le milieu est en train de dire qu’on est un peu à une charnière, une période de transition, et que le label aujourd'hui est peut-être moins utile qu'avant. Il faut se renseigner, ça fait partie du métier aussi de se renseigner de comment le milieu fonctionne. En tout cas, il faut être multitâche, multi casquettes.

 

Frédéric Mai

En tous cas, il faut y aller, et puis, il faut oser bouger, se remettre en cause, déménager, s'entourer des bonnes personnes, des personnes ressources aussi qui vont nous aider à évoluer.

 

Clémentine Delauney

Apprendre et être multitâche parce qu'aujourd'hui, un groupe c’est des réseaux sociaux, c'est une logistique, c’est une compta, c'est de l'administratif… En France il y a beaucoup de subventions, ça aide. Donc, il faut se donner les moyens. Ça, c'est important.

 

Frédéric Mai

Et à la base, on pourrait dire peut être qu’il y a ce talent pour ce qu'on veut faire ou l'excellence ou maîtriser bien son art…

 

Clémentine Delauney

Maîtriser bien son art ! Talent, excellence, après, il y a beaucoup de choses qui sont relatives, subjectives. Curt Cobain n'était pas un bon chanteur du tout, mais Nirvana, c’est Nirvana. Il y a des gens qui disent : Je n'aime pas ma voix. Je ne suis pas un bon chanteur,  et très vite, on se met des étiquettes, on s'auto sabote. Certes, il faut travailler son chant, il faut travailler sa voix, il faut s’accepter et s’aimer tel qu’on est… mais il faut trouver de la joie dans ce qu'on fait, et à partir de là, il y a des choses qui peuvent se passer. Si on s’autocensure tout le temps. Si on met nous-même des blocages, des résistances, je pense que c'est là que ça ne marche pas.

 

Frédéric Mai

On va parler un peu de trac maintenant, tu sais que le trac, et la peur de s'exprimer devant un public, c’est une des peurs numéro un dans nos pays.

Est-ce que tu as encore le trac lorsque tu montes sur scène devant public ?

 

Clémentine Delauney

Pas autant qu'avant. Parce que quand on prend l'habitude de jouer, ça se dilue cette sensation, mais elle existe toujours, parce qu'en fait, moi, je la lie au fait d'avoir la conscience que les gens qui ont donné de la valeur ont payé pour quelque chose. Et ces gens-là, moi, je me suis toujours dit, tu ne les décevras jamais. Mais pour le coup, c'est un standard auquel moi, j'ai toujours envie de répondre : je ne veux pas décevoir les gens. Donc ma performance sera toujours au maximum. Donc au niveau du trac, pour moi, c'est la conscience du fait que j'ai quelque chose à délivrer, que les gens sont là pour le voir, qu’il y a une attente, la pression de juste se dire : voilà c’est maintenant, il ne faut pas déconner, il y a quand même quelque chose à donner aux gens, même si c'est un festival et que les gens viennent par hasard, et bien j'ai envie qu’ils voient,  j'ai envie qu’ils aiment. Et moi aussi, j'ai envie de passer un bon moment, je n’ai pas envie de me foirer, je n'ai pas envie de me tromper, puis j'ai envie de pouvoir m'exprimer et de me faire plaisir. Et se faire plaisir, ça passe par le fait de connaître tellement bien ses paroles qu'on ne les oublie pas, de ne pas avoir à y réfléchir. Et il y a une espèce de pression du résultat. Oui, c'est logique, et c'est ça qui crée un peu le petit feu, qui twiste un peu l'estomac avant de monter sur scène.

Mais c'est une sensation maintenant qui, quand je parlais de canaliser tout à l'heure, elle m'aide à canaliser du coup.

 

Frédéric Mai

C’est un trac stimulant, et ce n’est pas un trac bloquant.

Et tu te prépares aussi face au trac ? Tu as des techniques de respiration ou autres… ?

 

Clémentine Delauney

Alors oui, ça m'arrive. Quand par exemple, je n'ai pas eu le temps… Quand est-ce que j'ai eu le trac récemment ?

En fait, je trouve que le trac devient de plus en plus long quand sur un festival, par exemple, on est censé jouer à une certaine heure, et que d'un coup, il y a un problème technique qui va faire un délai de 5 ou 10 minutes par rapport à l'heure à laquelle on devait jouer. Et ça, je sais que ces cinq ou dix minutes là, qui n'étaient pas prévue au planning… On est prêt en fait, parce qu'on devait monter sur scène. Il y a du retard. Et bien ces cinq, dix minutes là, elles sont horribles. Parce que du coup, on est plus dans le Je suis prête, j'y vais, mais je suis prête et d'un coup, on est coupé dans l'élan.

Ça casse complètement la dynamique et là, il peut y avoir le trac qui prend le dessus, parce que d'un coup, on va nous lancer dans on ne sait pas trop quand, et on perd un peu le contrôle sur ses émotions, alors que quand on contrôle l'émotion du trac, et qu’on la canalise, et qu’on s'en sert comme fuel pour l'énergie sur scène… Moi en fait, je me projette déjà dans le concert ; c’est-à-dire qu’avant de monter sur scène, je vois comment je vais monter sur scène, je sais ce que je veux y donner, je visualise l'attente que je vais recevoir, j'imagine passer un bon moment, je sais ce que je vais chanter ; en fait, je me projette déjà là-bas et du coup, je « trick » mon propre esprit, à croire qu'il y est déjà, et ça, ça aide à faire la continuité entre le moment où je n’y suis pas encore et le moment où j'y suis pour de vrai.

Quand il y a une faille là-dedans, parce que d’un coup, il y a un retard, ça perturbe tout. ça m'est déjà arrivé de monter sur scène en stress, et puis de devoir me ressaisir dans les 30 premières secondes. Là le stress peut prendre vite le relais, mais ça fait partie du métier de chanteur d’arriver à surmonter ses émotions, parce que ça aussi, pour revenir à une autre question, l'émotion, il faut la transmettre, mais il ne faut pas la subir. C'est à dire que quand on est triste par une chanson, si on est tellement triste qu'on ne peut plus chanter, et bien on n'est pas chanteur dans ces cas-là. Mais oui, l'émotion, elle se véhicule, elle se ressent, mais on en est pas la victime sur scène comme dans la vie ;

 

Frédéric Mai

C’est vrai, c'est juste un message qu'il faut bien exploiter à un moment donné.

Tu écris « la confiance en soi n'a rien à voir avec la quantité d'amour et de louanges que vous recevez, c'est un arbre que vous arrosez de l'intérieur ». C'est magnifique. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?

 

Clémentine Delauney

Alors déjà, comme ça a été tiré un peu de son contexte, je voudrais juste dire que, évidemment, recevoir des louanges, des compliments et de l'amour, ça aide à construire sa confiance en soi. Je ne dis pas qu'il faut rejeter ou qu'il ne faut pas prendre en compte cet aspect-là. Quand on grandit ou quand on vit dans un environnement qui nous est nocif H24 avec des gens qui nous brisent ou qui ne nous soutiennent pas, qui nous rabaissent, qui nous disent qu'on ne va pas y arriver, il ne faut pas essayer d'imaginer arriver à cultiver sa confiance en soi.

L’environnement, il est fondamental. Tout ça pour dire que je ne dis pas qu'il ne faut pas avoir d’amour à l'extérieur pour construire confiance en soi, je dis simplement que ce n'est pas en se nourrissant d'elle qu'on construit sa confiance en soi. Ici, il manque un élément crucial il manque notre amour propre. Il manque en fait le fait qu'il faut d'abord s’accepter soi-même, s'aimer soi-même, s'encourager soi-même, être son meilleur ami et comme je disais au tout début de notre entrevue, le fait d'arrêter toutes les comparaisons, tout ce qui nous ramène à des idées anxiogènes qui nous font douter de notre valeur, tout ça…

Il faut se servir des idées positives vis à vis de soi-même, voilà. Et s'il n'y a pas ça, les gens pourront nous verser toutes les louanges qui veulent, c'est le puit des Danaïdes, ça ne se remplira jamais. C'est en soi que ça doit se trouver, et ça y est déjà. Il faut juste retrouver ce qu'on a perdu, parce que je pense qu'un enfant n'a pas pas confiance en lui en fait.

Un bébé, il est lui  dans la joie de son être, en fait. Et quand il a faim il le dit, quand il est heureux, il sourit. Il n'y a pas de « Et qu'est-ce que vous pensez des autres, mais en fait je ne m’aime pas ». En fait, un enfant normalement constitué, c'est ce que j'avais déjà lu, il est dans cet état-là, en plein dans son propre soi.

Et je pense que ça, il faut arriver à le retrouver. Et ça vient de l'intérieur.

 

Frédéric Mai

Effectivement, c'est pour ça que j'ai relevé cette phrase parce que j'aime bien les solutions sont à l'intérieur. Et quand on a des vides affectifs ou autres, parce que comme tu dis un bébé, il a toute sa valeur rien que par le fait d'être né, finalement, on a une valeur maximum. Et après, il y a tout ce qui nous entoure, qui va faire, qu'on développe de l'insécurité ou de la sécurité. Un sentiment d'attachement ou pas. Et tout ça, après, il va falloir y remédier à un moment donné. Donc soit on a les six premières années de sa vie, où cette construction est idéale au niveau de l'amour de soi, au niveau de la confiance en soi, d'oser faire des choses, ou au niveau de la relation à l'autre. Et si on ne l'a pas eu, ben là effectivement, il faut le construire. A tout âge, on peut le construire, mais on n'est pas tous égaux à un moment donné. On est tous égaux à la naissance, mais encore parfois, il y a de la génétique un petit peu… Mais voilà

En tout cas, c'était une belle citation. Bravo ! Il y a plein de citations personnelles sur ton site internet. Allez voir le site internet de Clémentine Delauney clémentinedelauney.com.

Je voudrais encore te poser une dernière, toute dernière question avant de passer à la fin…

C'est quel dernier message tu souhaiterais délivrer à tous ceux qui souhaitent oser leur vie et vivre leur rêve ? Un petit dernier message comme ça, que tu pouvais leur envoyer.

 

Clémentine Delauney

Je n'ai pas envie de dire quelque chose de trop bateau parce que ça risque d'être perçu comme ça si je dis : « Oser croire en vos rêves parce qu’en fait, la vérité, c'est ça ».

 

Frédéric Mai

Mais comment faire? Toi, tu as osé en tes rêves? Comment tu as pu le faire en fait ? En un mot ou en une phrase ?

 

Clémentine Delauney

Parce qu'en fait, je crois que je ne me suis jamais autorisé à me dire que je vivrais différemment. Je crois que j'ai trouvé ça trop triste dans tous les films, dans tous les dessins animés, dans toutes les histoires, les gens qui avaient des rêves et qui les ont pas suivis, et souvent on a des regrets en fin de vie, alors qu'en fait, il y avait des appels du pied tout le long, qu’ils n’ont pas vu tous les signes.

Et moi, je ne veux pas mourir avec des regrets. Je veux me dire, j'ai vécu ma vie et j'ai fondamentalement fait les choses qui m'ont apporté de la joie. Et en fait, quand on trouve la joie, la vraie joie qui s'exprime, qui est juste là, on ne veut plus en sortir.

Et pour moi vivre son rêve, c'est vivre dans la joie. Ce n’est pas le rêve, le rêve conceptualisé, c’est à dire « mon rêve, c'est de voyager, c’est d'être rentier, de faire tout ce que je veux, tout le temps… » Non, la joie est quelque chose. Et quand tu la trouves dans une activité, c’est cette activité-là, peut-être, que tu auras envie de faire encore plus.

 

Frédéric Mai

Oui c’est bien, tout à fait… les vibrations positives quoi…

 

Clémentine Delauney

Exactement. Et je pense que quand les gens ne savent pas ce qu'ils veulent exactement faire ou autre, et bien trouver les choses que vous êtes heureux de faire et parfois, quand on ne sait pas ce qu'on aime faire, il faut explorer, explorer. Inscrivez-vous à des tests de surf, de planche à voile, de tir à l'arc, de n'importe quoi, des cours de cuisine, des cours de… Enfin explorer...

Et un jour, on trouvera un truc et on dira « mais j'adore faire ça » et on sait pas pourquoi, et ce n'est pas là, on s'en fiche d'avoir la réponse à cette question. C'est juste que si vous adorez faire ça, il faut juste le faire un peu plus, plus souvent, dans d'autres façons. Et un jour, peut-être qu'il y aura un retour de valeurs, si vous en apportez, par cette activité-là.

Et voilà, je dis n'importe quoi. Y a des gens qui adorent la permaculture et du coup, il récolte plein d'informations sur le sujet et finissent par faire des vidéos pour parler de permaculture. Et peut-être qu'un jour ils deviennent des experts et qu'en fait, il y a des gens qui vont peut-être s'abonner à leur contenu et qu'un jour ce contenu pourra être monétisé et c'est tout à fait normal. Il y a de la valeur, il y a un échange de valeur, et c'est juste parce que ces personnes avaient une passion à la base.

Quand on dit vivre son rêve, vivre ne veut pas dire gagner sa vie avec de l'argent. Et c'est souvent là où il y a un amalgame, je trouve. Il faut que je vive ma passion, donc il faut d'abord, il faut que je fasse de l'argent avec ça. D'emblée, on prend le problème du mauvais côté. Je pense que vivre son rêve, il faut qu'il soit dans notre vie ou que ce qu'on aime faire soit dans notre vie, et  en faire le plus possible. Et puis après, ça prendra les proportions que ça va prendre.

Il y a des gens qui adorent restaurer les vitraux. Peut-être qu'un jour, ils en feront leur revenu principal, mais dans un premier temps, ils vont construire un atelier pour pouvoir en faire plus parce qu'ils aiment ça. Et ça fait partie de leur vie et vivre leur rêve, même si ce n'est pas leur métier principal. C’est ce qu’on disait au début.

 

Frédéric Mai

Il faut que la passion existe avant de vouloir se professionnaliser, mais c'est bien ce que tu dis : allez chercher vos vibrations positives, allez chercher partout, expérimentez, dans le passé aussi, voir ce qu'on a vécu souvent… On est passé sur des choses, alors qu’il y a des choses qui nous ont fait vibrer, dans la jeunesse ou pourquoi pas, les ressortir un peu du tiroir, essayer de les revivre.

 

Et bien écoute, je te remercie beaucoup et pour terminer, je te poserais encore une toute dernière question : quels sont tes projets pour cette année ?

 

Clémentine Delauney

Déménager en Italie, apprendre l'italien, passer mon permis de conduire, commencer à écrire de la musique avec Mick pour le nouvel album de Visions, pas celui qu’on vient d’enregistrer, mais celui d’après parce qu’n fait on va avoir du temps. Écrire de la musique avec Mick, pour moi, pour lui et moi… Je souhaite écrire de la musique tout court. J'ai le projet de reprendre mon blog, parce qu’avec l'écriture des paroles qui m'a pris tout le début de l'année, ça fait un moment que je n'ai pas écrit pour mon blog.

J'aimerais reprendre. Et puis ça, c'est le court terme.

Et comme je vais habiter à Udine, j'aimerais aller visiter Venise. J'aimerais aller faire de l'aquarelle à Venise, développer l'aquarelle et…

 

Frédéric Mai

Est ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais rajouter, Clémentine.

 

Clémentine Delauney

Te dire merci parce que j’ai rarement l'occasion de parler de ces sujets avec quelqu'un qui est dans le domaine, donc ça me fait très plaisir, et c'est un sujet qui me tient vraiment à cœur, et avec lequel je sens. En fait, j'ai découvert tout un univers qui était tellement à apprendre, que c’est très motivant et j'ai envie d'exploiter ça aussi par la suite, d'aider les autres, d'aider les personnes qui viennent à moi par la musique, de les aider sur ce domaine-là, ça me plairait aussi.

Donc, déjà, merci de m'avoir permis d’échanger avec toi.

 

Frédéric Mai

Avec plaisir. C'était un honneur pour moi aussi. En tout cas, retrouver Clémentine sur son site internet. clementinedelauney.com, c'est bien ça ? Est-ce qu’il y a d'autres réseaux où on peut te retrouver ?

 

Clémentine Delauney

Instagram, Facebook, ce sont ceux sur lequel je suis la plus active.

 

Frédéric Mai

Donc retrouver Clémentine dans son groupe, Visions of Atlantis. Dans Exit Eden aussi, c'est un groupe qui vit… ?

 

Clémentine Delauney

Oui, il y a un nouvel album qui va être en cours. On va attaquer la production bientôt.

 

Frédéric Mai

OK, génial. Et puis, découvrez le tout dernier coffret live A Symphonic Journey ti Remember de  Visions of Atlantis, avant la sortie de votre nouvel album. Voilà ce que j'ai compris. En tous les cas, allez-y, parce que c'est du métal symphonique, et c'est très chouette à écouter…Donc allez-y, découvrez avec une oreille innocente. Vous serez sans doute agréablement surpris, et réagissez sur le podcast.

Et je terminerai par une de tes citations : « Peu importe d'où vous venez, ce que vous avez vécu, vous pouvez devenir tout ce que vous voulez ».

Et ça, c'est ce que tu nous as transmis un peu tout au long de cet épisode.

Alors Clémentine, merci du fond du cœur pour ton authenticité, tous ces partages, pour ta richesse et ton parcours de vie aussi.

Et il ne fait aucun doute que tu rayonnes aujourd'hui dans ce que tu fais, ce que tu vis, au rythme de ton être, de tes passions. Alors merci pour tout ça. Merci pour ce que tu donnes dans la vie, et  sur scène. Et merci à toi.

Merci à toutes. Merci à tous. Rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode de Oser Ma Vie. Prenez soin de vous, je vous embrasse. Bye !


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