Le luxe de ne rien faire (et pourquoi ça change tout)

Le luxe de ne rien faire (et pourquoi il change tout)

 

Aujourd'hui, on est fin juillet. Beaucoup d'entre vous m'écoutent peut-être depuis une terrasse, une plage, une voiture sur une aire d'autoroute, ou à l'inverse, depuis un bureau resté allumé pendant que tout le monde est parti.

Où que vous soyez, j'ai une question à vous poser avant même de commencer : à quand remonte la dernière fois où vous êtes resté trente minutes sans rien faire ? Sans téléphone. Sans objectif. Sans même chercher à vous reposer activement. Juste... là.

 

Bonjour et bienvenue dans Oser Ma Vie, le podcast qui permet d'imaginer, d'initier et de créer la vie que vous voulez.
Je suis Frédéric Mai et depuis plus de 12 ans, j’accompagne les personnes à OSER une vie libre, inspirante et pleine de sens à travers mes accompagnements et animations Oser ma Vie, Oser mon Job et Oser mon Business que vous pouvez découvrir sur Osercoaching.fr

A quand remonte la dernière fois où vous êtes resté trente minutes sans rien faire ? Juste... là. Si la question vous met mal à l'aise, c'est normal. Et c'est très exactement le sujet du jour.

On va parler du luxe de ne rien faire. Et surtout, on va comprendre pourquoi ce « rien » change absolument tout.

 

1 · CONSCIENCE — Le mensonge qu'on s'est raconté

 

Il y a une scène que beaucoup d'entre vous connaissent. Vous prenez quelques jours pour vous décompresser et changer d’air.
Et puis, au bout de quelques jours, quelque chose d'étrange se produit : une angoisse sourde apparaît, comme un sentiment de culpabilité, un écho désagréable...
Une petite voix inconsciente qui dit : « tu es en train de perdre ton temps, tu ne fais rien là ». « Tu devrais faire quelque chose de ta journée, tu ne peux pas rester là sans rien faire.»

Cette voix-là, elle ne vient pas de nulle part. Elle vient d'une croyance qu'on nous avons intégrée au cours de nos premières décennies de vie, sans qu'on s'en rende compte : celle que notre valeur se mesure à ce qu'on produit. « Je fais, donc je suis », « Je suis ce que je fais » et insidieusement remplacé par «je suis», tout court.

 

Et le plus fascinant, c'est que même le repos, on a réussi à le rendre productif. On ne se repose plus : on « recharge ses batteries ». Vous avez remarqué ? C'est un vocabulaire d'usine, appliqué à un être humain. Comme si on était des outils qu'on remet en état pour mieux resservir.

Regardez même nos vacances modernes : on part se reposer... avec une liste de choses à faire. Des visites à cocher, des lieux à voir, des livres «enrichissants» à terminer. Et on documente tout ça, pour que le repos lui-même devienne une forme de performance qu'on montre aux autres.

Alors je vous repose la question, plus précisément cette fois : la dernière fois que vous n'avez rien fait, rien produit, rien montré... c'était quand ?

Si vous ne trouvez pas de réponse claire, ne culpabilisez pas. C'est simplement le signe qu'on a, vous comme moi, grandi dans un monde qui a fait du vide quelque chose de suspect. Et c'est précisément cette croyance qu'on va aller déconstruire ensemble.

 

2 · TRANSFORMATION — Le vide n'est pas ce qu'on croit

 

Mais le vide n’est pas ce qu’on croit !

Voici ce qui va, je l'espère, changer votre regard aujourd'hui : quand vous ne faites « rien », votre cerveau, lui, ne s'arrête pas. Il change simplement de mode.

Les neurosciences appellent ça le réseau du mode par défaut. C'est le circuit qui s'active précisément quand vous arrêtez de vous concentrer sur une tâche extérieure. Et c'est ce même réseau qui gère la créativité, qui relie des idées entre elles, qui résout en arrière-plan des problèmes que vous n'arrivez pas à résoudre en les regardant en face.

Autrement dit : on ne pense jamais aussi bien qu'en ne pensant, en apparence, à rien du tout.

Et ce n'est pas un hasard si certaines des plus grandes idées de l'histoire sont nées loin de tout effort volontaire. Archimède a trouvé le principe qui porte son nom dans son bain, pas à sa table de travail. Newton aurait formulé sa théorie de la gravitation en regardant tomber une pomme, allongé sous un arbre, pas en pleine réunion. Et vous, très certainement, vos meilleures idées ne vous viennent pas devant votre ordinateur à 15h, ou devant un bloc-notes en pleine réunion. Elles vous viennent sous la douche, en marchant, en rêvant, en méditant, ou juste avant de vous endormir.

 

Il y a une deuxième chose, plus profonde encore, qu'il faut regarder en face : la vitesse est souvent une fuite. Fuite de nos pensées non résolues. Fuite de nos questions qu'on préfère ne pas se poser. Fuite de notre propre silence intérieur, qui peut faire peur quand on ne l'a plus l'habitude d'écouter.

Pensez à la dernière fois où vous avez allumé la télévision ou la radio, ou consulter votre téléphone, à peine la porte franchie, presque sans vous en rendre compte. Ce geste automatique, ce n'est presque jamais un vrai désir de contenu. C'est un réflexe pour ne pas rester seul avec ce qui remonte dans le silence.

Tant qu'on est occupé, on n'a pas à se demander pourquoi on court.

Le luxe de ne rien faire ! C'est là que le mot « luxe » prend tout son sens. Ce n'est pas un luxe matériel. C'est un luxe psychique : celui de pouvoir s'autoriser l'inconfort du vide, sans le combler immédiatement par une notification, une série, une occupation. Un luxe que très peu de gens s'accordent, non pas faute de temps, mais faute de permission intérieure.

Et attention, il y a une distinction essentielle à faire ici, parce qu'on confond souvent les deux : ne rien faire n'est pas de la paresse.

La paresse, c'est fuir une action qu'on sait nécessaire.

Le vide choisi, lui, c'est l'inverse : c'est ouvrir un espace pour ce qui n'a pas encore de forme. Ce n'est pas un renoncement. C'est une ouverture.

 

3 · CONSTRUCTION — Apprendre à habiter le vide

 

Alors comment fait-on, concrètement, pour réapprendre ça, pour apprendre à habiter le vide ?
Je vous propose quatre pistes, simples, à tester dès aujourd'hui.
 

La première, c'est l'exercice des vingt minutes sans intention.

Asseyez-vous, si possible dehors. Pas de téléphone, pas de livre, pas de musique. Et surtout : n'essayez pas de « faire le vide » activement, comme dans une méditation dirigée. Laissez simplement être.
Je vous préviens : les cinq à dix premières minutes seront inconfortables. C'est normal. C'est le sevrage de la stimulation permanente. Tenez bon, ça passe.

Par exemple, installez une chaise dans le jardin, sur le balcon, ou même simplement au bord du lit. Posez une minuterie si ça vous rassure. Et laissez venir : l'envie d'attraper le téléphone, l'agacement, l'ennui, les idées envahissantes... et puis, souvent vers la dixième minute, quelque chose se relâche…

 

La deuxième piste, c'est de distinguer le repos actif du repos passif.

Si l'immobilité totale vous angoisse trop au début, commencez par des activités à très faible intensité mentale : marcher sans but précis, regarder l'eau, observer les gens à une terrasse. Ce n'est pas encore « rien faire » au sens strict, mais ça ouvre exactement la même porte, en douceur.

Caroline de Strasbourg me racontait qu'elle avait pris l'habitude, chaque matin de vacances, de marcher vingt minutes jusqu'à la boulangerie du village — sans écouteurs, sans podcast, oui, même pas celui-ci ! Juste le bruit de ses pas sur le gravier et le chant des cigales. Elle m'a confié que c'était devenu le meilleur moment de sa journée.

 

La troisième, c'est ce que j'appelle la règle du sans compte-rendu.

Offrez-vous, chaque jour si possible, un moment que vous ne raconterez à personne. Que vous ne posterez nulle part. Retirez-le complètement du régime de la performance sociale.
Ce moment n'existe que pour vous, et pour personne d'autre.

Ça peut être une gourmandise dégustée lentement dans la cuisine, à 22h, quand tout le monde dort. Ça peut être une baignade au lever du jour, avant que la plage ne se remplisse, ou bien une promenade sans but en pleine nature… Le seul critère : que ce moment n'existe que pour vous.

 

Et la quatrième, c'est un petit rituel de transition entre l'été et la rentrée.

Utilisez une partie de ces semaines pour repérer une question de fond, professionnelle, relationnelle, existentielle — celles qui n'émergent que dans les moments de vide.
Notez-la simplement. Ne cherchez pas à y répondre tout de suite. Vous venez de planter une graine ; elle poussera au bon moment.

Un simple carnet, glissé au fond du sac de plage ou de piscine ou posé sur la table de nuit, suffit. Trois lignes, pas plus. Vous serez surpris, en les relisant à la rentrée, de la clairvoyance qu'apporte parfois une phrase griffonnée un après-midi d'août.

 

Quatre pistes, un seul mouvement : Commencer à écouter en vous, ce qui attend juste un peu d'espace pour éclore et se révéler.

 

4 · INCARNATION — L'engagement de l'été

 

Je vous propose un engagement simple, à votre rythme et en conscience, d'ici la fin de l'été :

Offrez-vous trois moments de vide volontaire.
Sans écran. Sans justification. Et surtout, sans culpabilité.

Trois fois, avant la rentrée, vous choisirez délibérément de ne rien faire, et de rester avec ce sentiment d’espace en vous.

Finalement, le vrai luxe, ce n'est pas d'avoir du temps libre. Beaucoup de gens en ont, chaque été, sans jamais vraiment l'habiter. Le vrai luxe, c'est d'oser ne pas le remplir et profiter de cet espace d’ouverture.

Et si chaque année, vous terminez vos vacances plus fatigué que vous n'êtes parti, peut-être que ce petit engagement peut commencer, cet été, à changer la donne.

Cet été, vous n'avez pas besoin de faire plus.

Vous avez peut-être simplement besoin d'oser faire moins, et d’observer ce qui, enfin, a de la place pour émerger.

 

Cette capacité à habiter le vide, on la retrouvera dès la rentrée, dans les prochains épisodes consacrés à la reprise et à la clarté de décision. Le calme qu'on cultive aujourd'hui devient la lucidité de demain.

 

Je vous souhaite un très bel été. Prenez soin de vous, et surtout, autorisez-vous à ne rien faire, de temps en temps.

Si cet épisode vous a touché, partagez-le avec quelqu'un qui a besoin de l'entendre. Et si vous voulez aller plus loin dans ce travail de connaissance de vous-même, retrouvez-moi sur Osercoaching.fr.

À très vite pour un prochain épisode d'Oser Ma Vie. Et d'ici là… c’est toujours le meilleur moment pour oser une vie libre, inspirante et pleine de sens.

Frédéric Mai


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